Jeudi 29 novembre 2007 4 29 /11 /2007 09:31
ETRE DEMOCRATE …
Ces quelques réflexions me sont venues à la lecture récente d’un article de presse  L’auteur de cet article, de façon finalement assez légitime, s’interrogeait sur le hasard qui avait m’avait menée, lors du lancement de ma campagne, a tenir des propos similaires à ceux qui ont été tenus par le candidat socialiste lors du lancement de la sienne. Ces propos visaient à dénoncer les méthodes actuellement en vigueur à la mairie de Vienne. Dans le même article, notre liste est qualifiée de liste d’opposition, et enfin, le constat est dressé que « les deux listes [celle du PS et la mienne], pour l’instant s’épargnent ».
Bien sur, tout cela mis ensemble pourrait inciter à penser qu’il existe une sorte de connivence, voire d’entente contre la municipalité sortante.
J’ai eu un premier mouvement d’impatience, je l’avoue, me disant que ce n’étaient là que des insinuations déstabilisantes. Mais ça n’en sont probablement pas, ce sont de légitimes interrogations que l’on peut comprendre parfaitement en se plaçant dans le contexte politique habituel, traditionnel, usé mais toujours présent.
Dans ce contexte, on est pour ou on est contre, ou est ami ou on est ennemi, on est de droite ou on est de gauche, et on est au centre. Dans la vie civile, on est des quartiers ou du centre ville, on est notable ou ouvrier, et donc d’ailleurs de droite ou de gauche à nouveau. Dans ce contexte, si on ne s’oppose pas, c’est que l’on s’entend, et si l’on ne s’entend pas, on doit se ‘taper dessus’. Ce mode de pensée ne fait qu’opposer. Comment peut on imaginer construire ainsi pour l’avenir une société dans laquelle nos enfants, leurs enfants après eux s’épanouiront et travailleront ensemble en toute sérénité. Les oppositions de principe sont vouées à l’échec.  Les enjeux du débat se situent ailleurs : surmonter les difficultés que nous savons approcher, ne pas voir la société se disloquer dans les querelles d’idées et de personnes, et finalement pérenniser nos structures sociales, assurer l’évolution sereine de l’humanité.
Il faut donc sortir de ce contexte, arrêter d’opposer systématiquement l’un à l’autre,  sortir des idéologies et rechercher les solutions ensemble.
A l’heure où l’on parle tant de développement durable, il est temps d’introduire ce concept en politique et c’est ce que fait un démocrate. Etre démocrate, c’est faire du développement durable politique.
Etre démocrate, c’est travailler ensemble, c’est vouloir que chacun s’exprime et soit entendu. C’est ne pas prendre de décisions au nom d’une idéologie, mais les prendre au nom et dans l’intérêt des gens qu’elles concernent dans le respect des intérêts de tous. A l’idéologie, nous opposons l’humanisme et la conscience, si tant est qu’il faille d’ailleurs absolument opposer une chose à une autre. La clé de voute de l’aspiration démocrate est là d’ailleurs. Au-delà des oppositions nous voulons travailler ensemble, avec chacun, et dans le respect et l’écoute de chacun. Ne pas protéger l’intérêt de l’un contre celui des autres, ne pas dresser les intérêts des uns contre ceux des autres, mais chercher l’intérêt commun, le point de convergence, de rassemblement, et sur ce point bâtir la cité qui permettra de vivre avec chacun et avec tous, et à chacun et à tous de vivre mieux.
Voilà déjà pourquoi il n’est pas possible de nous qualifier d’opposition. Et en particulier de nous qualifier d’opposition à l’UMP sur laquelle nous « taperions ».
L’UMP, comme le PS d’ailleurs,   porte une idéologie, qui se traduit par une ligne politique et entraîne des actions que n’approuveront pas ceux qui, au nom d’une idéologie différente souhaitent une politique différente.
Ce que ne définit pas une idéologie, c’est le comportement des hommes, c’est la gouvernance. Et ce que nous avons dénoncé, et que nous dénoncerons à nouveau, ce n’est pas un parti et sa politique, ce ne sont pas systématiquement les actions menées,  c’est l’équipe de la municipalité actuelle de Vienne et les méthodes qu’elle adopte. C’est tout, et c’est déjà beaucoup. C’est l’autocratisme, les décisions prises dans l’intérêt de certains et pas d’autres, les décisions pour les amis, les décisions prises pour ‘faire plaisir’, les pressions …
 Au sein même de notre équipe, certains sont issus de ce qu’il est convenu d’appeler la droite, d’autres de ce qu’il est convenu d’appeler la gauche. Et s’ils sont là, si nous sommes là ensemble, c’est parce que notre humanisme est plus fort que nos idéologies d’origines. Parce que nous savons que chacun a à dire, à proposer et à donner. Parce que nous essayons de vivre et d’agir ensemble. Chacun peut nous rejoindre, s’il apporte ses idées, son humanisme, et s’il passe, sans la renier pour autant, au dessus de son idéologie.
Les idéologies sont intéressantes, et nous n’en combattons aucune tant qu’elles respectent l’homme, sa culture, sa différence, qu’elles ne véhiculent pas de haine ou de violence, et qu’elles n’identifient aucun critère de discrimination. Mais les idéologies ne sont que des modèles d’étude, et la société n’est pas un laboratoire où l’on applique des théories économiques ou sociales, fussent elles validées par les plus grands experts, et où l’on mène des "expériences" de délocalisation ou de développement urbain. Elle est le lieu de vie et d’échange des hommes et des femmes qui composent son tissu. Ils y mettent leurs diversité culturelle et sociale, leurs aspirations personnelles pour eux, pour leurs enfants, leurs proches, leurs amis, et ce n’est qu’en sortant du contexte d’opposition idéologique, par la compréhension mutuelle et l’entente que l’on pourra mettre en œuvre les outils efficaces d’amélioration et de développement durable de la société.
Voilà d’une part ce que je vous propose pour Vienne, et voilà d’autre part pourquoi il n’y a pas d’entente occulte, pourquoi il n’y a pas d’attaques systématiques, pourquoi nous n’avons pas d’ennemi désigné sur qui taper, pourquoi je ne me considère pas comme ‘de l’opposition’, pas plus d’ailleurs que de la majorité, pourquoi nous avons dénoncé des méthodes lors du lancement de cette campagne, et finalement pourquoi je ne suis ni de droite, ni de gauche, et encore moins au centre.
Et au sujet de ce curieux hasard des phrases de campagne, il correspond surtout à une réalité très perceptible au sein de la population, et que cette réalité ressorte lors d’un lancement de campagne ne doit effectivement rien au hasard, mais n’a finalement rien de surprenant.
Par Michèle Cedrin - Publié dans : Présidentielles 2007 : François Bayrou
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